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Grève des taxis – Janvier 2016 → Partie 1

Grève des taxis – Janvier 2016 → Partie 1

27.01.2016.

Ce mardi 26 janvier en fin de matinée grève des taxis, une BMW noire série 3 aux vitres teintées se gare dans une petite rue du deuxième arrondissement de Paris. Sur le pare-brise, la vignette verte permet de reconnaître le VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur). Le conducteur, costume trois pièces, la trentaine, sort brièvement pour ouvrir la portière. A l’intérieur, son smartphone est branché sur le GPS d’Uber, direction le quartier de la Porte Maillot.

Au même moment, les images des taxis en colère, des pneus brûlés et des slogans lancés aux CRS défilent sur les chaînes de télévision et les réseaux sociaux. Les taxis, venus de toute la France et d’ailleurs, sont en grève. La journée promet d’être mouvementée pour les chauffeurs de VTC, cibles favorites des revendications des taxis.

Taxi_en_greve

 

Eviter les aéroports

Sylvain (le prénom a été modifié), le chauffeur, a tout de même voulu prendre la route ce mardi matin :

« Il faut bien payer ses factures, même un jour de grève. J’ai seulement commencé un peu plus tard, vers 7h30, pour éviter les courses matinales qui vont vers les aéroports. C’est dommage, ce sont des trajets intéressants pour nous. »

Cette précaution, conseillée par les services d’Uber France depuis la veille, s’est révélée bien justifiée. A 7 heures ce matin, aux alentours d’Orly, des manifestants avaient organisé un barrage filtrant. Une navette a voulu la forcer et a blessé un chauffeur de taxi. La tension était très vive.

La vignette dans la boîte à gants

Pas de quoi faire paniquer Sylvain pour cette journée de travail. En cherchant où poser sa main sur le tableau de bord, il commente :

« Je touche du bois pour le moment, je n’ai pas eu de problème aujourd’hui. Mais j’ai pas mal de collègues qui sont restés chez eux. Si je dois m’approcher d’un point chaud, je mettrai peut-être ma vignette [qui identifie les VTC, ndlr] dans ma boîte à gant. »

En arrivant près des Champs-Elysées, Sylvain apprécie la fluidité des routes en ce jour de grève.

« La colère des jeunes taxis »

Chauffeur VTC depuis un an, à son compte depuis quelques mois, il est intarissable sur la situation des différents acteurs du marché qui explose aujourd’hui. Pragmatique, il analyse sans haine les points de tensions actuels :

« Je comprends la colère des jeunes taxis, qui sont rentrés dans la profession il y a moins de cinq ans et qui ont eu le malheur de payer une licence 200 000 euros. Aujourd’hui, ils ont le couteau sous la gorge.

Mais les vieux taxis, qui ont quinze ans de métier, pourquoi ne sont-ils pas arrivés à se faire leur propre clientèle ? Quand on monte dans leur voiture, on a l’impression de rentrer dans leur salon et de les déranger devant la télévision. Ils n’ont pas fait d’effort pendant un temps et aujourd’hui, ça ne passe plus. »

Soucieux de ne pas faire d’amalgames, Sylvain tempère tout de suite en affirmant que certains chauffeurs de taxis sont aussi très agacés par la grève et l’image que la profession va renvoyer du fait des violences.

La faute aux licences qui flambent

Sylvain admet que les chauffeurs de taxis ne sont pas responsables de tout ce qui leur arrive. L’Etat n’a pas joué son rôle dans la régulation du secteur depuis de nombreuses années :

« Comment ont-ils pu laisser flamber le prix des licences à ce point-là, alors qu’elles étaient gratuites à l’origine ? Le gouvernement aurait dû fixer un plafond, selon les villes et les années. Il n’y aurait pas tout ça aujourd’hui. »

Les centrales de réservations, comme G7, ont aussi, d’après lui, largement profité du système :

« Les prix des locations sont exorbitants. Plusieurs milliers d’euros pour une radio qui fournit quelques clients. C’est comme si l’application Uber coûtait ce prix-là pour les chauffeurs. »

« Uber n’est pas notre employeur »

Le rond-point de l’Arc de triomphe est complètement dégagé, seules quelques autres berlines noires et scooters l’empruntent. Un peu plus loin, la présence policière se renforce, la Porte Maillot n’est pas loin.

L’application continue d’indiquer le chemin au conducteur, sans détour. Sylvain est chauffeur Uber « à temps partiel », il utilise l’application « pour se constituer une clientèle », avec des cartes de visite bien en évidence près de la banquette arrière. Cette jolie berline, il la loue pour près de 2 000 euros par mois, assurance incluse. Son objectif : proposer ses propres prestations d’indépendant et ne dépendre de personne, ni centrale de réservation, ni application.

Ce mardi après-midi, par exemple, il est en disponibilité pour un client, payé à l’heure. Il se montre aussi critique avec certains des conducteurs de l’application :

« Il y a quelques semaines, des chauffeurs Uber ont manifesté contre la baisse des tarifs. C’est aberrant. Uber n’est pas notre employeur, c’est juste un standard téléphonique qui utilise les nouvelles technologies. »

« Une évolution du marché »

L’application ne disparaîtra pas de sitôt pour Sylvain, c’est dans le sens de l’évolution technologique.

« Avant, il y avait des petites épiceries, puis des supérettes, des hypermarchés et aujourd’hui, la vente sur Internet. C’est une évolution de marché, mais on a toujours besoin des épiceries. »

A quelques dizaines de mètres du point de rendez-vous des taxis, Sylvain s’arrête et se gare au bord de la route. Pas la peine de prendre des risques pour lui ou sa voiture. Il commente les altercations qu’il a entendues à la radio.

« Je trouve ça inadmissible que certains bafouent le droit de grève en cassant des voitures, et que l’Etat fasse son mea culpa après. Dans toutes les autres manifestations, ou en banlieue, ils enverraient tout de suite les CRS et les casseurs seraient neutralisés. C’est écœurant. »

Klaxon et merguez « sauce Maillot »

A quelques minutes à pieds du lieu d’arrivée, la place Maillot est noire de monde. Des centaines de véhicules de taxis sont garés, klaxonnent et affichent leurs revendications sur les pare-brise.

Des rangées CRS protègent le périphérique et l’odeur du stand de merguez commence à appâter les chauffeurs de taxis venus de loin. Sylvain, lui, est déjà reparti prendre une autre course, son application n’arrête pas de vibrer aujourd’hui. Le « trafic est saturé », assure-t-on chez Uber.

Source : rue89.nouvelobs.com

Auteur:

Président de MidiSudDriver® SAS, je vous invite à découvrir nos prestations de locations de chauffeurs avec véhicules pour tous vos trajets personnels ou professionnels sur Montpellier et toute la région Occitanie...

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